Un jour ou peut être une nuit
sur la plage de notre Île
je te découvre,toi mon Amour,
échoué sans vie .
Je me précipite à ton secours
je m'éreinte afin de ventiler tes poumons ,
de faire repartir le battement de ton c½ur éteint
je hurle à l'aide,
je lance des fusées de détresse,
personne à l'horizon,
personne ,sur ce sable déserté
seuls depuis longtemps
je dois me résoudre à l'intolérable réalité,
mon Amour,
tu t'enfonçais, dans une profonde , inexorable, Mort .
Brutalement, une marée inconnue ,
il faut quitter notre Paradis Perdu,
une mer hostile s'agite, ses eaux submergent notre Terre
alors devenue Enfer ,
embarquer dans ce voilier étranger qui vient nous chercher ;
ou allait-il nous emmener?
Nous hissons des voiles absentes
pour les vents redoublants de violence
une tempête déferle , il y a urgence .
Sur ces flots furieux et cruels,
des jours et des nuits durant ,
nous combattons cette tornade destructrice,
les vagues cognent notre fragile coquille
projetant notre esquif contre l'eau béton,
la pluie grêle, martèle le pont ,
dans notre frêle embarcation
impossible de lutter
sur cet océan des Trahisons .
Soumis à cet ouragan implacable,
nous descendons dans la cale,
triste refuge aux odeurs de mort,
lieu obscur
ou prolifére la pourriture,
repliés dans les douleurs du Deuil
prostrés en f½tus,
affamés et assoiffés pour l'éternité,
dans cette longue agonie
je m'offre à notre coma éternel,
afin de rester à Toi toujours,
qu'à Toi seulement unie,
à Toi ,mon AMOUR.